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26
02
2015

Les Principes

Il est clair que chaque agression est différente tant dans la forme et l’environnement que dans la personnalité et la corpulence de l’agresseur.

Une agression verbale, un geste de menace, un adversaire qui veut simplement vous impressionner ne mérite pas que l’on s’y attache. Ignorer l’injure, négliger l’affront, ne pas s’attacher à l’humiliation, mépriser l’invective ne sont pas des  signes de lâcheté mais d’intelligence.

Mais lorsque la confrontation est inévitable, alors il faut savoir utiliser tous les principes enseignés par le Karaté Goshin kenpo. Votre dextérité à elle seule, bien qu’elle soit un atout majeur, ne suffit pas, il faut aussi connaître les principes du combat de rue, c’est-à-dire savoir évoluer dans un milieu souvent hostile et face à des adversaires souvent spécialisés qui ne se prêtent pas au jeu comme à l’entraînement.

Lorsque l’on possède une certaine expérience en matière de self défense, la critique la plus évidente que l’on peut adresser à pratiquement tous les arts martiaux qui se définissent comme discipline d’auto défense, que ce soit l’Aïkijutsu, le Ju Jutsu, et surtout le Karaté, c’est que les attaques ne sont pas réalistes.

Prenons l’exemple du karatéka qui s’entraîne régulièrement et qui est peut être même ceinture noire, toutes les parades ont été étudiées face à un adversaire ou partenaire karatéka qui utilise les mêmes techniques que lui : Oï Zuki, Gyaku Zuki, Maé Géri, Mawashi Géri, etc. pour ne pas les citer toutes. Or dans la rue la forme, le niveau et la destination des attaques sont souvent tout à fait différents et surtout très surprenants pour quelqu’un qui n’y serait pas préparé.

A l’époque où je combattais, nous avions fait avec des champions d’escrime un parallèle entre nos techniques et celles des escrimeurs. Nous leur avions demandé quel serait l’adversaire qui serait le plus dangereux pour eux dans un combat réel à l’épée ou au sabre. Ils ont unanimement répondu que ce serait un néophyte qui attaquerait n’importe comment.

Il en est de même pour un karatéka, aikidoka, ju jutsuka ou autre qui resterait enfermé dans un système qui est tout à fait différent de la réalité d’une confrontation. Il faut adapter les défenses et les attaques aux situations réalistes et spécifiques du  « combat de rue » et ce dernier n’a rien de commun avec un combat réglementé.

Les coups de poings utilisés par ceux qui se sont éduqués dans la rue sont le plus souvent des swings, des crochets et des uppercuts  et les coups de pieds visent le plus souvent l’entre jambe et les articulations des genoux. En fait tout ce qui n’est pas utilisé ou interdit en compétition.

Une attaque survenant dans le champ de vision est plus facile à gérer qu’une attaque surprise provenant latéralement ou par l’arrière, ces dernières étant les plus stressantes. Pour celui ou celle qui n’est pas préparé à ce genre de situation elle provoque souvent un choc émotif qui les paralyse temporairement.

Il faut aussi savoir juger et jauger l’adversaire : Est–il décidé à en découdre ou veut-il simplement vous impressionner ? Maîtrise-t-il un sport de combat ? Si c’est une petite frappe, il est forcément entraîné  car, même s’il ne pratique pas un art martial, il a l’habitude de se battre.

De toute façon si vous percevez, ce qui dénoterait déjà une grande maîtrise du combat, une quelconque spécialité dans l’attitude belliqueuse de votre assaillant, n’entrez jamais dans son système, utilisez tout ce qui est interdit voire dangereux.

Surprendre, voilà le maître-mot en matière d’auto défense, savoir passer d’une attitude de soumission ou de crainte à l’agressivité la plus féroce.  Frapper les endroits sensibles ceux que votre  agresseur  ne  protège pas.

S’il veut boxer ou vous agripper, utilisez vos jambes pour le tenir à distance en frappant de préférence dans les genoux et le bas ventre. Au contraire s’il veut vous donner des coups de pieds, casser la distance et rentrez dans sa garde pour le frapper aux yeux, à la gorge, sur les oreilles.

En fonction du type et de la qualité de l’agresseur, il faut toujours rechercher la solution la moins hasardeuse.

Le voleur n’en veut peut-être qu’à vos biens et, dans la plupart des cas, l’agression prend fin lorsqu’il se les approprié. Ce qui n’est, bien sûr, pas une raison suffisante pour lui céder mais, si la situation l’exige vraiment, cette solution est parfois la moins pire.

Le voyou veut se mesurer, se prouver qu’il est le meilleur que tout lui est permis et que vous devez vous soumettre ou le battre.  Il peut parfois être raisonné.

Le Psychopathe, le drogué et celui qui est imprégné d’alcool  sont imprévisibles. Surtout il faut savoir que ce genre de forcené est très peu sensible à la douleur et qu’il développe souvent une  force hors du commun.

Dans tous les cas lorsque l’agression est devenue effective votre réaction ne doit s’arrêter que lorsque  vous êtes certain de contrôler entièrement la situation ou que l’adversaire est hors de combat.

L’agression la plus anodine peut s’orienter vers la pire des confrontations, une situation banale peut dégénérer et mettre votre intégrité physique  voire votre vie en danger.

Il existe des lois régissant la self défense et déclinant les modalités de la riposte dont l’une fait appel à la légitimité et à la proportionnalité de la riposte. Proportionnel à quoi, lorsque l’agression se déclenche vous n’en connaissez pas les limites et mieux vaut ne pas savoir jusqu’où votre assaillant serait allé si vous ne vous étiez pas défendu. Vous serez peut être jugé pour avoir poussé un peu trop loin votre réaction. Mais n’oubliez jamais que l’on peut expliquer ses motivations et pourquoi une confrontation anodine a débouché sur des blessures graves à un juge. Concernant St Pierre ? Il vous écoutera certainement mais ne vous renverra pas pour autant chez vous, sur terre.

Et de toute façon il n’existe pas ou plus d’agression anodine, il suffit pour s’en convaincre de lire les journaux.

auteur : Gilbert Gruss

Gilbert GRUSS 9ème Dan Karaté Do et Goshin Kenpo

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